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Personal branding en 6 étapes : être reconnaissable sans devenir créateur de contenu

Personal branding en 6 étapes
Photo de Kazi Mizan · Unsplash

Le personal branding n’est pas l’apanage des influenceurs. C’est la réponse à une question toute simple : quand votre nom surgit dans une conversation entre des personnes que vous ne connaissez pas, que dit-on de vous ?

Si vous n’en savez rien — ou pire, s’il n’y a rien à dire — le problème n’est pas votre visibilité. C’est que vous n’avez pas encore décidé ce que vous voulez incarner. Tout le reste — la fréquence des publications, le format des contenus, le nombre d’abonnés — vient après. Bien après.

Cette méthode s’adresse à ceux qui ont déjà un travail sérieux, peu de temps libre et aucune envie de se transformer en personnage public. L’objectif n’est pas de construire une audience : c’est d’être reconnaissable par les bonnes personnes, au bon moment.

Étape 1 : décidez pour quoi vous voulez être sollicité

Non pas « ce que vous faites », mais pour quoi vous voulez qu’on vous appelle. La nuance est subtile, mais décisive.

Un directeur commercial qui « s’occupe des ventes B2B » est interchangeable. Celui qui « aide les PME industrielles à ouvrir de nouveaux marchés à l’export sans déployer une force de vente lourde » est précis. Et ce qui est précis, on s’en souvient.

Rédigez une phrase. Une seule. Elle doit décrire le problème que vous résolvez, pour qui vous le résolvez, et en quoi vous différez des autres qui font la même chose. Elle n’a pas besoin de sonner bien sur LinkedIn : elle doit être vraie.

Étape 2 : choisissez votre territoire thématique

Un personal branding sans territoire thématique n’est que du bruit. Ce territoire n’est pas votre fonction dans l’entreprise — c’est l’ensemble des sujets sur lesquels vous avez quelque chose de non évident à dire.

Un directeur financier peut parler de finance, bien sûr. Mais si sa perspective se résume toujours à « optimiser les coûts », il entre en concurrence avec dix mille autres directeurs financiers. En revanche, si son territoire est « comment les décisions financières freinent l’innovation dans les entreprises familiales », il a un angle. Il a quelque chose qui le distingue.

Le territoire thématique n’a pas besoin d’être vaste. Il doit être le vôtre. Trois ou quatre sujets liés, sur lesquels vous revenez régulièrement, suffisent à bâtir une réputation en douze mois.

Étape 3 : identifiez votre audience réelle, pas celle que vous espérez

Erreur fréquente : viser l’audience la plus large possible. « Je veux m’adresser à tous les managers français. » Le résultat, c’est que vous ne parlez à personne de façon convaincante.

L’audience réelle du personal branding n’est pas le fil d’actualité LinkedIn. Ce sont les trente personnes susceptibles de vous recruter, de vous confier un projet, de vous présenter à quelqu’un ou de vous citer dans une conversation stratégique au cours des deux prochaines années. Vous les connaissez déjà, en partie. Ce sont vos anciens collègues de haut niveau, vos clients potentiels dans votre secteur, les décideurs que vous croisez lors de salons ou d’événements professionnels.

Construisez votre positionnement en pensant à eux, pas à l’algorithme.

Étape 4 : choisissez un format soutenable, pas celui qui est à la mode

Le format le plus efficace pour le personal branding est celui que vous êtes capable de tenir dans la durée. Pas celui qui fonctionne le mieux sur le papier.

Si vous disposez de vingt minutes par semaine, un article écrit de bonne qualité tous les sept jours vaut mieux que trois vidéos courtes mal réalisées. Si vous aimez raisonner en public, une intervention dans un podcast sectoriel tous les deux mois pèse plus lourd que cinquante commentaires laissés à la hâte.

La régularité construit la réputation. L’irrégularité l’érode. Un professionnel qui disparaît pendant six mois puis revient avec une avalanche de contenus ne communique pas de l’énergie : il communique de l’imprévisibilité.

Choisissez un format. Fixez une cadence réaliste. Tenez-la pendant au moins six mois avant d’en évaluer les résultats.

Étape 5 : distinguez les contenus de positionnement des contenus de visibilité

Tous les contenus ne servent pas le même objectif, et les confondre est l’une des erreurs les plus coûteuses en termes de temps.

Les contenus de positionnement sont ceux qui définissent votre thèse, montrent votre raisonnement, prennent parti. Un article dans lequel vous expliquez pourquoi une approche répandue dans votre secteur est erronée. Un cas réel analysé en détail. Une réflexion sur un changement que vous avez observé de près. Ces contenus construisent la crédibilité dans le temps, mais obtiennent rarement de grands chiffres dans l’immédiat.

Les contenus de visibilité sont ceux qui élargissent votre réseau : un commentaire pertinent sur la publication de quelqu’un que vous estimez, un partage assorti d’un point de vue personnel, une réponse utile à une question publique. Ils ne définissent pas qui vous êtes, mais vous mettent en contact avec de nouvelles personnes.

Les deux sont nécessaires, dans des proportions différentes selon la phase. Ceux qui partent de zéro ont besoin de davantage de visibilité. Ceux qui disposent déjà d’un réseau solide peuvent miser davantage sur le positionnement.

Étape 6 : mesurez la réputation, pas les likes

Le personal branding se mesure mal avec les indicateurs natifs de LinkedIn. Les likes s’obtiennent facilement avec des contenus légers et sans rapport avec votre objectif. Les impressions mesurent la diffusion, pas l’impact.

Les questions à vous poser tous les trois mois sont différentes :

  • Au cours des quatre-vingt-dix derniers jours, quelqu’un m’a-t-il contacté pour une opportunité en citant quelque chose que j’ai écrit ou dit ?
  • Mon nom est-il apparu dans des conversations auxquelles je n’étais pas présent ?
  • Les personnes que je connais m’associent-elles à quelque chose de précis, ou suis-je encore « quelqu’un qui travaille dans le secteur X » ?

Si les réponses sont oui, la méthode fonctionne. Si elles sont non, le problème se situe presque toujours dans l’une des trois premières étapes : positionnement flou, territoire indéfini, audience trop générique.

Un dernier mot sur le temps

Le personal branding pour un manager ou un dirigeant ne demande pas de devenir créateur de contenu. Il demande de la clarté et de la constance. Clarté sur ce que vous incarnez, constance à le dire avec cohérence dans le temps.

Trois heures par mois, bien utilisées, suffisent à construire une réputation numérique reconnaissable en un an. L’enjeu n’est pas le temps que vous y consacrez, mais la précision de ce que vous choisissez de communiquer à chaque fois que vous le faites.

Ceux qui ont bâti une réputation solide sur LinkedIn n’ont pas publié plus que les autres. Ils avaient simplement quelque chose de plus précis à dire.