Comment choisir les sources pour tes posts LinkedIn (et pourquoi 3 bonnes valent mieux que 10 génériques)
par iPeople · le 24 mai 2026
Il y a une vérité inconfortable sur les posts LinkedIn de n’importe qui : ce que tu écris est une fonction directe de ce que tu lis. Si tes sources sont les mêmes que celles d’autres dix mille professionnels — HBR, Bloomberg, Forbes, McKinsey Insights — tes posts ressembleront à ceux d’autres dix mille professionnels. C’est des maths, pas une opinion.
La sélection des sources est la décision la plus sous-estimée de tout le processus de construction d’une présence LinkedIn. Pourtant c’est celle qui, plus que toute autre, décide si tes posts seront reconnaissables.
Voyons comment choisir des sources qui produisent du matériel distinctif.
Le problème des sources génériques
Imagine deux Marketing Directors qui publient tous les deux 3 posts par semaine pendant un an, tous les deux en s’appuyant sur HBR, Marketing Brew et Harvard Business Review comme sources. À la fin de l’année, ils ont produit 156 posts chacun, mais 70 % du matériel de départ était le même. Le résultat est prévisible : leurs posts se recoupent dans les thèmes, dans les exemples, et même dans les « data points » cités. Il devient difficile pour leur audience de comprendre pourquoi suivre l’un plutôt que l’autre.
Les sources génériques ont trois problèmes :
- Elles sont lues par tous tes concurrents directs. L’avantage informationnel qu’elles te donnent est nul.
- Elles sont optimisées pour des audiences généralistes. Ce que tu lis a déjà été pré-digéré pour être accessible au plus grand nombre — donc c’est général par définition.
- Elles sont prévisibles. Si ton audience lit HBR et que tu cites HBR, tu n’ajoutes pas d’information : tu répètes ce qu’elle sait déjà.
Une source générique peut être utile comme complément à hauteur de 20-30 %. Pas comme source primaire.
Les trois critères pour une source à forte valeur
Une source est bonne pour toi si elle remplit ces trois critères.
1. Spécificité : elle couvre un domaine défini, pas « le monde »
Une source spécialisée sur un sujet restreint produit des contenus que toi seul as pu lire (parce que la majorité ne sait même pas qu’elle existe). Exemples :
- Pour un CTO scale-up SaaS : The Pragmatic Engineer (Gergely Orosz) couvre l’ingénierie logicielle au niveau senior+. Son audience totale est une fraction de celle qui lit HBR mais c’est exactement ton audience.
- Pour un Marketing Director B2B : Lenny’s Newsletter, Reforge Articles, First Round Review. Même logique.
- Pour un Founder italien : StartupItalia, EconomyUp, Italian Tech de Repubblica.
2. Mise à jour : elle publie au moins chaque semaine
Une source qui publie une fois par mois ne te donnera jamais assez de matière pour être utilisée comme source primaire. Cherche des sources qui produisent du contenu à un rythme hebdomadaire (plus fréquent c’est bien, mais pas strictement nécessaire). Anatomie d’une source en bonne santé : dernier article dans les 14 jours par rapport à la date actuelle, au moins 10 articles publiés au cours des 6 derniers mois.
3. Cohérence avec ton positionnement
Une source fantastique mais sur un thème qui n’a rien à voir avec ce que tu fais et avec ceux à qui tu parles ne te sert pas. Si tu es expert-comptable avec des clients PME, une excellente source sur l’AI generative coding ne t’aide pas à construire ton positionnement (même si elle est passionnante pour toi en tant que personne).
Question de contrôle : « si je reçois un de tes posts basé sur cette source, est-il logique qu’il vienne de toi étant donné ton profil ? ». Si la réponse est « oui, clairement », la source fonctionne. Si c’est « bof, ça dépend », ce n’est probablement pas la bonne source pour ton rôle.
Les trois types de source à forte valeur
Type A : Blog/newsletter d’opérateurs de ton secteur
Des personnes avec un métier comme le tien ou adjacent qui écrivent. Pas des journalistes, pas des consultants généralistes, pas des thought-leaders. Des opérateurs. Lenny Rachitsky (PM @ Airbnb), Cal Newport (professeur d’informatique), Gergely Orosz (ingénieur), Tomasz Tunguz (VC, ex-opérateur). Ils sont spécifiques, ils ont un point de vue, ils lisent des personnes spécifiques.
Type B : Rapports de recherche ou industry data
McKinsey Global Institute, Stripe Atlas, GitHub Octoverse, Sequoia Capital research, Bain & Co. retail reports. Ils produisent des données que n’importe qui peut citer mais que la plupart des gens ne lisent pas parce qu’elles sont longues et peu glamour. En citer une précise (avec le bon chiffre, et le lien vers le rapport) te donne une crédibilité immédiate.
Type C : Topic / sujets sans source fixe
Parfois tu n’as pas de source spécifique mais tu veux suivre un thème en évolution : « AI dans le B2B sales », « fiscalité crypto en Italie », « transition énergétique dans la PME ». Pour ceux-là, un système qui effectue une recherche automatique sur le thème chaque semaine remplace la source fixe par un flux curé d’articles pertinents.
Comment construire un portefeuille de 5 sources
Pour la plupart des professionnels, 5 sources est le bon nombre. Au-delà de 7-8, ça devient difficile à gérer (même mentalement). Distribue-les comme ceci :
- 2 sources spécialisées du secteur (type A ou B), en anglais (parce qu’en anglais il y en a 100× plus, mais choisis avec soin)
- 1 source italienne spécifique à ton domaine (parce que citer du contenu italien pour une audience italienne fonctionne bien mieux que toujours citer en anglais)
- 1 source généraliste de haute qualité (HBR Italia, MIT Technology Review) comme « ancre de sécurité »
- 1 topic libre que ça t’intéresse de monitorer mais pour lequel tu n’as pas encore trouvé la source définitive
Erreurs fréquentes
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En changer trop souvent. Une source mérite d’être évaluée après au moins 60-90 jours d’utilisation. Avant, c’est du bruit.
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En garder trop d’actives. Plus de sources = plus de bruit = plus de temps pour sélectionner = moins pour écrire. Quand tu ajoutes une source importante, retire la moins utile.
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Ne pas varier la fréquence à laquelle tu les utilises. Même parmi les sources que tu as, tu devrais privilégier celle qui te produit les meilleures pistes. Si une source ne t’a jamais inspiré un post en 3 mois, remplace-la.
Le principe derrière tout ça
La distinctivité de ton profil LinkedIn naît de la distinctivité de tes sources. Si tu lis des choses que tout le monde lit, tu écris des choses que n’importe qui écrit. Si tu lis des choses spécifiques, tu écris des choses que toi seul peut écrire.
C’est l’investissement de curation avec le ROI le plus élevé dans l’absolu. Et il se fait une fois, pas une fois par semaine.